Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours été fasciné par Montréal. J’aime me rappeler la première fois que j’ai regardé ou plutôt imaginé la « grande ville ». J’avais à peine 5 ans. Mon père était propriétaire d’une épicerie de quartier à Longueuil. À cette époque, les commerces fermaient le dimanche et mon père en profitait l’été pour emmener toute la famille en promenade dans l’Econoline Ford de livraison. Nous allions la plupart du temps dans la proche campagne montérégienne ou sur une plage du lac Champlain aux États-Unis.

Un dimanche, Papa décide de nous emmener en « ville ». Assis sur une caisse de lait renversée entre Papa et Maman, je me souviens encore très bien aujourd’hui des sentiments qui m’envahissaient à la vue de Montréal en roulant sur le pont Jacques-Cartier. D’abord, comme j’étais déjà fébrile à l’idée de cette promenade dominicale inhabituelle, j’ai eu peur dès la vue du pont dont l’inclinaison des tabliers me donnait l’impression qu’ils tombaient dans le fleuve.Ensuite, j’ai ressentie une excitation de pouvoir découvrir quelque chose d’inconnue, une sorte de forêt enchantée, en béton, remplie de constructions très hautes. Du haut de mes deux pommes, pour mieux voir l’immensité de ce paysage bâti, je me souviens encore de m’être levé de la caisse de lait et de m’être fortement agrippé à la boîte du moteur de l’Econoline. J’ai demandé : « Papa, pourquoi c’est construit comme ça, si haut et si tassé ? C’est parce qu’il y a beaucoup de monde », m’a-t-il répondu. Aujourd’hui, je sais que lorsque mon père dit « beaucoup de monde », c’est sa façon à lui de dire «trop de monde». C’était donc pour lui un aspect négatif de la « ville ».Dans ma tête d’enfant, la densité de Montréal était plutôt un mystère, l’origine de mon attrait pour la ville. Dès ce moment, j’ai pensé que si la grande ville attire tant de personnes, c’est qu’elle était probablement assez fascinante. Savoir, comprendre et expliquer cet attrait fût ma principale motivation de faire des études en économie et en urbanisme à l’université. Aujourd’hui encore, j’aime dire que si le prix des maisons est plus élevé sur l’Île de Montréal que dans la couronne, c’est que la « grande ville » doit bien avoir plusieurs attraits.Ce souvenir d’avoir ouvert très grand et très rond les yeux pour regarder LA ville restera à jamais imprégné dans ma mémoire. Ce regard fasciné sur Montréal se répète à chaque fois que j’emprunte les ponts qui ceinturent l’île, mais aussi en la regardant du hublot de l’avion au retour de vacances.

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